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 sixtine - melting snow and hearts

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Votre personnage
Groupe: Even's
Stats (ex: 2/5):
Stats (ex: 2/5)Données
~~~PUISSANCE6 / 5
~~~~~AGILITÉ3 / 5
~INTELLIGENCE4 / 5
~~~~CHARISME1 / 5

Sixtine
MessageSujet: sixtine - melting snow and hearts   Dim 3 Jan - 12:55


   C'est un vieux perso et une vieille histoire, certainement bourrée de fautes mais que j'adore. Ne jugez pas mon niveau RP sur ce point s'il vous plait, merci ! ♥️    

SIXTINE

   
la base

   Age ▬ 4 ans
   Sexe ▬ femelle
   Orientation sexuelle ▬ hétéro
   Groupe ▬ even's
   Race▬ husky
   Lignée ▬ working
   Spécialité ▬ traction (principalement traineau)
   Statistiques
   
Puissance : 6* /5
   Agilité : 3 /5
   Intelligence : 4 /5
   Charisme : 1/5


   
ça se corse !

   Caractère:▬       Qui suis - je, donc. Sixtine, tout et rien a la fois. Commençons avec mon comportement en général. D’un naturel calme, je ne suis pas du genre à aboyer pour un rien et piétiner sur place. Il est extrêmement rare de me voir faire preuve d’enthousiasme, étant éduquée ainsi. Si je suis heureuse, on peux le percevoir dans mes yeux, dans ma façon de marcher ou de courir, au tremblement tout a fait caractéristique de mes oreilles. Quand la joie est trop grande, immense, il m’arrive de chanceler et de pousser des couinements bas et a peine audibles, alors que de petits frissons secouent ma colonne vertébrale. Rien de grave. Il est très rare de me voir en colère, car je sais résoudre les problèmes avec sang froid et une certaine distance. Se chamailler pour un bout de viande est trop puéril pour moi, autant ne pas manger si c’est pour finir estropiée ! En revanche, si vous parvenez a me mettre en colère, craignez moi ! Car mon maître m’a peut être appris a courir devant un traîneau, mais aussi à le défendre, car les voleurs sont nombreux en Alaska. Fourrure hérissée, yeux flamboyants, oreilles plaqués en arrière, reculez ! Car je risque de bondir. Un ordre du maître et je mords, un autre et je vous relâche. Très possessive, j’utilise de plus en plus souvent cette agressivité sur commande quand quelqu'un s’approche de trop près d’un humain que j’aime. Mon ancien maître ayant des enfants, j’ai pris l’habitude de protéger les jeunes, qu’ils soient gentils ou méchants. D’ailleurs, pour moi, ils sont forcements gentils, ces adorables bipèdes patauds et tendrement bruyants...

     Mon unique jeu est de jouer au " va chercher " avec une balle de tennis. C’est la seule et unique chose qui me fait frétiller de bonheur, et vous pourrez toujours rêver pour que je courre après un bâton ou un ballon de foot … C’est balle de tennis, sinon rien ! Avec cet outil, vous pourrez me faire faire n’importe quoi, mais évidement la aussi, tout est relatif. Si je ne vous connais pas et que vous lancez une balle, j’irais la prendre mais je la donnerais a mon maître. Tant qu’a faire autant récupérer ce que vous balancez, pas vrai ?

     Toujours envers mon maître, je suis d’une rare possessivité, et d’une jalousie sans pareille. Jalousie qui n’a pas lieu avec les chiens de mon attelage ou de la famille, si toutefois vous prenez garde a n’en favoriser aucun … Car j’ai un sens assez aigu de la justice, et mon premier maître, avare de caresses, ne récompensait que lorsqu’il y avait lieu, et ne distribuait pas des sourires gratuitement : cela les rendait donc encore plus importants pour nous, et chaque chien faisait son possible pour avoir une parelle d’attention du maître. Si vous agissez a son image, il n’y aura aucun problème. En revanche, je risque fort de me battre avec un chien inconnu si vous le caressez avec un peu trop d’enthousiasme et m’ignorez complètement …

     Pour finir avec mes défauts principaux, je suis très rancunière. Si vous me punissez injustement, attendez vous a avoir la monnaie de votre pièce, que vous soyez chien ou humain.. Je risque fort de mon venger selon mes propres lois, qu’elle aille du vol de nourriture a la désobéissance. Ne vous inquiétez pas, mes bouderies ne durent pas longtemps, et si vous etes justes envers moi, vous ne verrez même pas ces vilains défauts tant mes qualités sont grandes, et ma fidélité a toute épreuve.
     Car, sachez que si je vous ai aimé, même transportée a l’autre bout de l’Amérique, si je sais que vous avez foi en moi, je reviendrais toujours vers vous, quel que soit le prix a payer.

   Histoire:

     I. Généalogie …

           J’étais une chienne de traîneau. Banale comme diraient certains. Extraordinaire, comme affirmaient d’autres. Fille d’un mariage arrangé, j’avais plutôt bien vécu ma naissance dans le froid mordant de l'Alaska. Mon maître avait choisi mon père pour sa rapidité, son pedigree exemplaire et ses très nombreuses victoires. Quand à ma mère, elle fut choisie pour sa docilité envers l’homme, sa confiance inébranlable en lui et son caractère dominant. C’était une chienne faite, et crée pour dominer. Une demoiselle gracieuse comme une ballerine, qui pourtant menait le traîneau jusqu'à la ligne d’arrivée sans jamais faiblir. Elle avait le don de demander à ses compagnons le meilleur d’eux mêmes. Et ils lui donnaient. Sans limites. Et elle semblait tisser un voile le tendresse autour d’elle, et tout ce qu’elle effleurait de son corps fuselé semblait refleurir à nouveau. C’était une silhouette fascinante et qu’on ne pouvait qu’aimer passionnément. Ainsi, je naquis un soir de printemps. Aînée d’une portée de trois jeunes chiots. Femelle parmi deux males au poil d'un blanc pur. Comme l’était ma mère, comme je fus bien plus tard. Une petite créature crée pour avaler les miles sans difficulté, tout en gardant une obéissance exemplaire envers mon maître.
           Ce dernier était un homme bon. Juste. Il aimait ses chiens, et ces derniers semblaient lui vouer un culte en retour. Peu démonstratif, ses récompenses étaient rares, si rares qu’elles devenaient un privilège divin. Chacun se démenait pour avoir un sourire de cet homme qui paraissait rude, et son regard posé sur sa petite meute exprimait à qui voulait le voir et le comprendre, qu’il avait su se créer un paradis sur la terre. Un paradis ou la neige faisait office d’herbe, et ou les aboiements des bêtes remplaçaient le chant délicat des muses poétiques. C’était un musher, un vrai. Un homme au cœur pur et dont le seul but dans la vie était de livrer, inlassablement, le courrier d’une ville a une autre.
           Chaque semaine, il chargeait son traîneau d’un lourd sac, contenant lettres et colis, et l’acheminait a l’aide de ses chiens, de sa ville natale aux bourgs alentours. Un travail qu’on pourrait croire épuisant, et pourtant …
           L’homme semblait boire le vent à pleine gueule, et à l’instar de ses chiens, le panorama qui s’offrait à lui, différent chaque fois, était la plus belle preuve d’amour qu’on eut put lui confier. Son cœur ne battait plus que pour cette envie désespérée de se sentir libre, gonflé d’un amour pur envers la nature. Comme un vieux loup, il avait un besoin impérieux de filer parmi les étendues neigeuses, voir défiler les sapins ciselés de blancs sous ses yeux d’un bleu glacial.
           Un amoureux de la nature qui n’en existe plus guère désormais.


     II. Insouciance …

           Ce fut donc avec lui que je grandis. Entourée d’une meute de quinze à seize chiens, comportant principalement des huskys et quelques samoyèdes, je dus apprendre les règles qui banalisent toute vie canine pour qu’elle se passe parfaitement bien. Comme tous les chiens, mes débuts furent rudes. Rendue hypersensible, ma jeune mère ne supportait pas qu’on nous approche, et j’endurais parfois de sévères morsures pour avoir osé avancer d’un pas de trop. Dépasser une limite sévèrement défendue. Je me consolais alors avec ma joyeuse fratrie, combattant vaillamment avec mes frères. Inconsciemment, je simulais un combat en temps réél, mordait à pleines dents leurs peaux satinés et déchirant la fourrure dense qui recouvrait leurs corps. Sans pour autant que mes minuscules crocs ne leur cause quelque dommages que ce soit. C’était un apprentissage sans que l’un de nous le sache pour autant. A trois mois, nous avions établi certaines règles, que chaque chiot de la terre respectait malgré lui. Le vainqueur d’un combat était le premier nourri, le premier blotti près de notre mère, le premier à recevoir caresses et attentions. Le perdant serait le dernier nourri, logé … aimé. Et personne ne s’en plaignait.
           En général, et du fait d’être l’aînée, je fus souvent la première lors de ces combats. Et je pris plaisir à jouer à la gagnante. Perdre en revanche, fut nettement plus difficile à accepter, mais je dus m’y résigner, comme chacun. Peu a peu, les chiens de la meute eurent la permission de venir nous voir. Intimidés dans un premier temps, mes frères et moi avions fui leur contact. Puis l’avons recherché. Pour enfin grandir, jour après jour, et atteindre une taille respectable. Evidement, j’étais loin d’avoir fini ma croissance, mais j’avais perdu ma fourrure, mon duvet de bébé, et je suivais avec fierté la pousse de ma première fourrure d’hiver. Partagée d’un blanc crémeux sur le ventre et qu’une ligne épaisse et noire charbon sur l’échine, qui serpentait des oreilles a la queue. Elle disparaitrait bien vite, comme les poulains naissant bruns et blanchissant semaines après semaines.
           Jours après jours, je me familiarisais avec la grande meute, et pris conscience que nous étions les seuls jeunes du cheptel. Cela ne m’affecta qu’un temps. Puis la jeunesse effaça ces inquiétudes et je passais outre. compensant en jouant avec les plus jeunes de la harde, en semi liberté dans un immense parc. Combattant la plupart du temps, défiant des adversaires de plus en plus grands. Mordant la poussière maintes et maintes fois. Suivant des yeux l’évolution de mes frères de sang.


     III. Apprentissage …

           Et puis vint le jour ou mon environnement bascula.
           D’un enclos immense et dont je n’avais jamais vu la couleur du grillage, je passais a un grand parc qui me semblait ridiculement petit... Alors que vingt chiens auraient pu y tenir bien a l’aise et y courir sans s’y cogner. La présence des humains s’ajouta a ma vie. Celle de l’Homme, principalement. Il y avait les bipèdes. Et lui. Lui qui aimantait le regard de ma mère, qui la rendait sourde a nos appels si il l’appelait. Elle qui s’agitait en tous sens sur ses ordres, qui lui tendait la patte ou sautait sans aucune raison. Simplement parce qu’il lui demandait. Un seul mot aurait pu définir leur relation fusionnelle, et je vous dirais sans hésiter qu’il s’agissait d’amour. A cet age la, j’ignorais que ma mère n’était pas la seule. Que chaque chien qu’il avait, l’aimait aussi follement qu’elle. Et que bientôt, moi et mes frères seraient aussi enchaînés à cette dévotion de lui plaire, simplement pour qu’il nous aime en retour. Une envie folle, inconditionnelle de lui plaire. J’ignorais alors, comme le comportement singulier de ma mère pouvait être pardonné.
           J’appris donc, à son contact, à supporter, puis aimer les jeunes bipèdes. Leurs petites mains sur ma fourrure me faisait frissonner de peur et de dégoût, puis j’appris, peu a peu, a aimer leurs caresses. J’y pris goût, et me surpris a les réclamer, queue remuante, yeux suppliants, babins tombantes. Honte a moi ! L’attraction était si forte envers eux.. J’appris a jouer avec les humains. Différemment qu’avec les chiens. Il m’était interdit de mordre, de grogner ou de sauter. Je pouvais courir, remuer ou même aboyer, tant que ma folle envie de jouer n’était pas dirigée sur les petits bipèdes. A ma grande surprise,je vouais rapidement un culte a une balle ronde et pelucheuse … De tennis. Sa simple vue, son nom me rendait folle. Un besoin déraisonné de l’attraper me torturait. Je ne pouvais résister a son appel.Avec elle, j’appris a m’asseoir, me coucher, tourner a gauche puis a droite, sauter et aboyer sur commande. Il me fallut porter un collier, également. Si dérangeant que j’en déchiquetais deux et en perdis trois autres. A la grande colère de mon maître, qui transforma sa frustration en rire. J’étais maligne, disait - il. Mais il était encore plus malin.
           Et il passa directement au harnais. Sans préavis. Et cette chose insupportable était impossible a mordre, arracher ou ôter, même avec l’aide de mes frères … Qui eux avaient supporté leur collier, et n‘enduraient pas encore l’amas de sangles qu’on me faisait subir. Je crus ne mourir de honte.
           Et la encore, j’appris a supporter. Pour l’oublier totalement.
           Jusqu’au jour ou, adulte, on m’initia au traîneau.


     IV. Sensations …

           Ce jour la fut le premier de ma nouvelle vie, et je m’en souviens encore avec assiduité. Comme si la scène se déroulait chaque jour, dans le même contexte temporel et émotionnel. Oui, je me souviens … Il était venu me chercher a l’aube. Impatiente, j’avais bondi vers lui, et l’avais salué comme de coutume, ravie de le voir si tôt. Il me nourris puis m’emmena a l’entrepôt. La, gisait devant moi le traîneau. Lesté de toute charge inutile, ce n’était qu’un tas de planches sveltes muni de quelques sangles. Mais je sentais autour de lui comme une puissante aura. L’odeur de ma mère et de la meute s’était encrée dans le bois, et il me semblait entendre leurs aboiements, alors que leurs pattes martelaient la poudreuse en une cadence folle. Mon cœur semblait s’emballer, mon souffle se muait en un tempo heurté. Le maître m’avait rassuré, comprenant étrangement ce que je ressentais. Je l’avais regardé, muette de surprise, vibrant d’une joie et d’un espoir si violent que j’en tremblais presque. Il m’avait parlé, longuement, alors qu’il s’affairait. je l’avais vu sortir le traîneau, le sangler avec soin, puis m’y mener, avant de m’atteler. Seule face a la piste, je m’étais détournée, ma jubilation se muant en incertitude. Etait ce le moment ? Confiant, il m’avait caressé, puis il s’était détourné, montant sur le traîneau. Haletante avant même d’avoir fait un pas, n’imaginant pas une seule seconde qu’il m’entraînerait par paliers comme tous le faisaient, j’avais dressé les oreilles. Et avait retenti le signal du départ.
           D’un bond, je me précipitais dans une galopade folle. Les sangles me sciaient le dos et les flancs, et derrière moi, le poids écrasant de ma charge de bois et de chair m’handicapait lourdement. Et pourtant …
           Un courrant étrange et électrique semblait s’être emparé de moi, et dans ma tête se déroulait une scène vue tant de fois qu’elle était comme un film appris par cœur. Je voyais ma mère prendre le départ, attelée a la tête du traîneau, menant la cadence, suivie par une horde aboyante de chiens gris et blancs. Foudroyante, elle démarrait en trombe, et la meute mettait alors un point d’honneur a bondir au même moment qu’elle, pour ne pas freiner son élan et donner de violents a-coups sur son harnais et celui qu tirait notre maître.
           En ce moment magique, j’étais a la fois ma mère et la meute. Celle qui devait a tout prix être la plus agile, la plus rapide et la plus intelligente. Celle qui savait quand tourner, comment pivoter en douceur, ralentir sans qu’on ne lui rentre dedans. J’étais également le vulgaire chien de meute attelé au milieu, qui doit maintenir le rythme pour le pas entraver le couple devant et derrière lui, celui qui, individuellement, prête sa force pour former une attraction collective. Enfin, j’étais le puissant chien de barre, portant la lourde tache de tirer le traîneau lors des moments difficiles. J’étais une individualité collective, un paradoxe entier dont personne n’avait conscience.
           Et pourtant mon cœur s’envolait,. Je suffoquais de bonheur tant la joie était puissante de me savoir capable de tirer un traîneau. Et derrière moi, les encouragements du maître étaient la plus belle de toutes les récompenses.



     V. Routine …

           Des lors, chaque matin, le rituel recommençait. Incluant deux fois par semaine, un travail de groupe comprenant mes frères. Parfois chienne de tête, de barre ou de meute, j’appris avec eux les différentes et nombreuses taches d’un chien le traîneau, mais plus encore la synchronisation parfaite qui doit unir les chiens de l’attelage. Inexpérimentés, nous avions causé énormément de catastrophes, et le traîneau versa de nombreuses fois. Pourtant, la méthode étrange de l’homme qui nous guidait portait ses fruits. Au lieu d’imiter stupidement un chien expérimenté, nous apprenions de nos erreurs. Le maître nous laissait faire, et il fallait réfléchir, seul ou ensemble. Les sangles s’étaient emmêlés. Pourquoi ? Commnt ? Il fallait trouver la source du problème, puis sa solution. Et chaque erreur causée ne fut jamais répétée. Une fois, j’avais pilé net, en tant que chienne de tête, pour avoir remarqué un lapin qui filait droit sur moi. La collision fut si violente qu’elle manqua de me rompre le dos. Depuis, je prenais un soin maladif a prévenir quand je ralentissais, prenant soin de maintenir un bon rythme cadencé avant de préparer a un arrêt. Une fois encore, inattentive, j’avais manqué le signal d’arrêt. Placée en chienne de barre, je m’étranglais net sur le collier qui me maintenait, et le traîneau failli bien me rentrer dedans.
           Erreurs que certains qualifieraient de graves. Beaucoup injuriaient mon maître, lui promettant qu’il tuerait ses chiens a les entraîner ainsi. Et pourtant, sa meute était l’une des plus rapides et coordonnées du pays. Parce que chaque chien, bien que travaillant pour un même but, restait une entité individuelle, et retenait ses erreurs d’apprentissage toute sa vie. Ainsi, si l’un faisait une erreur, les autres ne suivraient pas, quel que soit le rang ou la place du fautif. Ce qui évitait considérablement le risque d’accidents.
           Peu a peu, et avec notre expérience, le Maître joignit un chien de la meute, puis un autre, et un autre encore … Jusqu'à reformer son attelage au complet, additionné de notre fratrie. Chaque jour était synonyme d’expériences nouvelles, et bien qu’une sorte de routine se soit installée, jamais je ne me sentis ennuyée par le quotidien. Le terrain était toujours différent, le contexte également, et surtout ma place au sein de l’attelage n’était jamais la même. Les chiens expérimentés avaient certes une place assignée, mais tous avaient suivi la même formation, et n‘importe quel chien pouvait, soudainement, prendre la tête du groupe sans être complètement perdu. Notre maître mettait un point d’honneur a élever et entraîner ses chiens lui même, et le résultat était époustouflant pour n’importe quel musher confirmé. Quand aux amis des betes, il ne pouvaient nier que chaque animal vénérait son maître au point de donner sa vie pour lui. Et ce dernier, bien loin d’en abuser, distribuait son amour passionnel aux chiens qu’il aimait et qui l’aimaient en retour.
           Etrange osmose dont nous faisions tous partie, alchimie parfaite que personne n’aurait voulu quitter.


     VI. Drame …

           Chacun de nous savait pourtant, au plus profond de notre cœur, que rien d’aussi beau n’aurait pu durer éternellement. Le paradis sur Terre dans lequel j’étais née avait atteint un stade de perfection tel que les dieux, quels qu’ils soient, semblèrent mal le supporter. Et il fallut qu’ils se joignent a nous, en une cohorte de fantômes grimaçants aux griffes d’acier. Précédant notre passage, ils préparèrent le terrain avec soin, scièrent brillamment nos harnais, déblayèrent les alentours de toute aide possible. Notre sort fut scellé avant même que notre maître donne le départ. Et même si chacun ressentait ce changement dans l’atmosphère, personne n’osa lever le museau plus haut que les autres, et clamer ce que chacun songeait tout bas. Ce fut ce qui causa notre perte, et j’en ressentis les conséquences tout le reste de ma vie.
           Si j’avais su ! …
           Le départ s’était déroulé comme de coutume. Il ne s’agissait qu’une énième balade parmi les étendues neigeuses, aucun sac de courrier a transporter. Tous les chiens étaient au rendez vous, dormant un immense attelage de plus de vingt têtes. Aucune anarchie n’était tolérée, et je trottais fièrement en tête, gonflée du plaisir intense d’être encore une fois, celle qui dirigeait les opérations. Derrière moi, tout aussi auréolée de plaisir que moi, et pas jalouse pour un sou, ma mère, en tant que chienne de pointe, partageait ses émotions avec moi, notant avec grâce quelques défauts dans mon allure que je m’empressais de corriger. Elle me dictait, a chaque fois que nous nous côtoyons, astuces et anecdotes qui m’aidaient a mieux me comprendre et apprendre le fonctionnement général de l’univers des mushers. Ss erreurs m’étaient contés avec humour, ses peurs et ses maladresses également. Telle une déesse, elle agissait comme un baume apaisant, dédramatisant mes angoisses parfois subites et mes rares méprises lors des changements de direction ou d’allure. C’était pour moi, la perfection a l’état pur, une idole éclairée par la gloire et le succès, auquel je voulait ressembler a tout prix.
           Nous allions au trot, synchrones au mètre près, et les félicitations du Maître nous éclairait d’une fierté illimitée. Lui faire plaisir était plus important que nous même, et si il fallait courir pendant des jours sans aucune trêve, uniquement pour lui épargner une nuit froide ou une tempête possible, la meute le ferait sans aucun regret. Elle lui était toute dévouée.
           Etait ce ses paroles, coulant en moi comme un liquide divin, qui me redit distraite ? Ou était ce purement et simplement, ma faute ? Mais alors que je posais la patte sur la neige devant moi, celle ci s’enfonça brutalement sous mon poids. Habituée a ce genre de déconvenue, je bondis agilement, évitant ainsi de ralentir le groupe, et me réceptionnais, en même temps que ma mère, quelques mètres plus loin … Pour découvrir que notre poids enfonçait encore la poudreuse. Inquiètes, nous avions tenté de ralentir, et hurlé a l’attelage de rester prudents. Que fallait - il faire ? Si nous accélérions pour éviter que la neige s’effondre sous nous, nous courrions de risque de tomber dans une faille profonde … Mais si nous nous arrêtions, notre poids nous emporterait la aussi, dans le trou qui semblait nous atteindre sagement ! Etait ce une petite faille, ou un ravin immense que nous survolions allégrement depuis dix bonnes minutes ?
           J’entendis ma mère glapir, et me retournais.
           Les yeux agrandis par une peur sans nom, je la vis disparaître dans le gouffre.
           Suivie aussitôt par le reste de l’attelage, hurlant a la mort.


   
 VII. Rescapés …

           Quand j’ouvris les yeux, la seule chose que je compris en premier, fut que j’étais blessée. Du sang coulait de mon crane, noircissant mes yeux, rendant ma vision floue et nuancée d’écarlate. Du bout de la patte droite, je tentais de l’ôter, avant de glapir subitement, secouée de spasmes incontrôlables. Mon second antérieur, que j’eus voulu lever, était recouvert de sang, et un morceau d’os disloqué avec percé la peau, embrochant muscles et tendons. Une douleur brutale m’envahit, et j’eus l’impression d’on grattait furieusement a l’intérieur de mon être a l’aide d’ongles cassés, comme si on raclait mes organes a l’aide d’une bouteille brisée. J’hoquetais, réprimant une série de couinements, et évaluais ce qui restait de mon corps. Mis a part ma patte cassée, j’avais affreusement mal aux cotés, et l’impression diffuse que les doigts de ma patte arrière étaient réduits a une bouillie informe et peu ragoûtante. J’y voyais de plus en plus nettement, et lentement, les morceaux du puzzle se remirent en place en mon esprit.
           Il me fallut une dizaine de minutes pour récupérer assez d’énergie pour pouvoir réfléchir sans finir assommée par le mal de crane qui me sciait en deux a chaque battement de cœur. Et quand je compris, un long hurlement déchira mon corps brisé. Nous étions tombé dans une très grande faille, assez profonde pour qu’une maison bipède y tienne a l’aide, elle et son chenil. Des pans entiers de glace étaient tombés sous le choc, a s’étaient enfoncé dans le … Sol. Et pas que le sol.
           Hoquetant, statufiée par une horreur sans nom qui commençait a ramper sournoisement en moi, je me redressais. Déglutissant avec peine, je relevais la tête … Et me retournais.
           D’immenses éperons de glace s’étaient plantés alentours, et coupaient parfois un chien en deux. L’un de mes frères s’était fait harponner par une stalagmite, et son corps désarticulé gisait a trente centimètres du sol, un pieu de cristal le perçant de part en part.
           Sanglotant, grelottant d’une peur qui m’empêchait de penser, j’avançais d’un pas. La majorité de la meute était morte sur le coup, compressée par le choc. La plupart étaient tombés sur une plaque de glace dure comme du diamant, et leur colonne vertébrale avait été sectionnée par l’impact. D’autres, aussi chanceux que moi, étaient tombés sur des mottes de neige fraîchement tombés quand nous étions passés. Sur sept qui purent jouir de cette chance, un finit étranglé par son propre harnais, un autre tué par la chute du traîneau. Du traîneau. Du traîneau.
           Je sursautais, et, la voix étranglée, poussais un gémissement plaintif et tremblant, oubliant instantanément les survivants qui gisaient sans bruit. A coté du traîneau, gisait ma mère, le harnais sectionné par un éperon rocheux, la patte posée sur le bras du.. Maître.
           Lui aussi mort sur le coup.
           La douleur mentale et physique afflua de nouveau, et je m’effondrais dans un nuage poudreux, les yeux débordant d’une rivière de larmes irisés. Pourquoi avais - je eu le droit de vivre alors que le Maître était mort ? Moi qui aurait donné ma vie, mon ame pour lui !


     VIII. Survivre …

           Ce fut la faim qui me réveilla.
           Vautrée sur la neige, toujours aussi tremblante, j’ouvris les yeux sur un étrange spectacle. Les quelques chiens rescapés s’étaient détachés en sectionnant leurs harnais, m’avaient délivrée également, et patiemment, délivraient un a un les chiens morts, détachant soigneusement ceux qui étaient fixés sur les éperons de glace, restituant les troncs coupés en deux, les têtes décapités, les pattes qu avaient dévié. Et les enterraient. Reconstituant les cadavres, ils creusaient a chacun un tombeau unique, qui entourait l’endroit ou le traîneau était tombé. Ce n'était pas tant pour les honorer, ce comportement était bien trop humain pour nous, mais un geste presque mécanique. Creuser pour se calmer. Enfouir pour oublier. Agir pour se vider la tête.
           Murée dans un douloureux mutisme, je me redressais, et me joignis a eux pour enterrer les défunts. Me chargeant de ma famille, je m’enterrais ensemble, veillant a ce que ma mère commence son voyage mortuaire a l’endroit même ou sa vie avait fini. Quand au maître, nous lui creusions une tombe immense, le visage tourné vers ce ciel qui l’avait trahi et que pourtant il avait aimé. Le ciel et ses étoiles que l’on ne verrait sans doute plus.
           Affamés, érintés par cet épuisant travail, nous nous regroupions ensemble, les flancs pressés les uns contre les autres, la tête collée a celle du voisin, échangeant nos pensées sans émettre un seul son. Notre douleur était si intense qu’elle se passait de mots.
           A notre réveil, un chien s’était éteint. Nous l’enterrions, puis chacun se mit en devoir de chercher a manger. Notre dernier repas datait de l’avant - veille et l’estomac des deux chiens restant grondait a l’instar du mien. Malheureusement, hormis les cadavres odorants que nous avions enterré, il n’y avait rien, pas un rongeur ni un terrier de lemmings surpris par le froid. Hésitants, nous nous rapprochions a chaque heure des cadavres enfouis, geignant pitoyablement, oreilles basses et queue entre les pattes. Mourir de faim ou manger ses compagnons ? Nous savions que le premier qui oserait ouvrir le premier caveau ouvrirait une débandade ignoble qui ne s’arrêterait une fois notre appétit rassasié. Rien que l’odeur qui sortait du sol gelé me rendait folle, et je me surpris a baver, étendue sur la tombe de ma mère, fixant avec insistance le sol fraîchement retourné. Mes remords étaient trop loin pour réussir a me dominer, et mes pensées étaient focalisés sur une unique option : manger, ou mourir.
           Allais je finir par me nourrir de la chair de mes pairs ?


     IX. Sauvés …

           Quand enfin, je me réveillais, a l’aube du quatriennal jour de captivité souterraine, je ne reconnus pas l’endroit. Le sol glacé s’était durci, et vibrait d’une intonation étrange et métallique. J’ouvris les yeux. Découvrant en premier lieu, un sol en béton, et ma patte antérieure, bandée avec soin. Je levais les yeux. Des barreaux. L’odeur de mes compagnons canins. Et surtout, celle des bipèdes. J’hoquetais, et me redressais d’un bond. J’étais sauvée ! Nous l’étions tous ! Je n’avais plus mal a la patte, guérie par magie ! Les bipèdes allaient procéder de même pour ma mère, mes frères et surtout - cette pensée me fit chanceler de bonheur - notre maître !
           Secouant frénétiquement la queue, je l’appelais avec insistance, oreilles droites, les yeux pétillants d’un bonheur sans limites. La douleur avait été vaincue, j’allais retrouver la maison du maître et la meute aimée ! Terrassée par la jubilation, je dus me recoucher, alors qu’un bipède arrivait, nanti d’une blouse blanche, portant sur lui l’odeur de mes compagnons d’infortune. Pas les autres.
           Je vacillais, incertaine, en proie au doute.
           L’homme me sourit, tendant la main pour me caresser. Je grondais sourdement. Personne n’avais le droit de me toucher sans l’accord du maître. Le vétérinaire sembla comprendre, et son sourire se fana.

           » Que va t’on faire de toi ?

           Il tourna le dos. L’air puait la tristesse et la mort.
           Le surlendemain, je fus accueillie au chenil d'une ville inconnue, donc les mérites étaient, parait-il, vantés dans tout le pays. Quelqu'un m'avait acheté et on m'avait importé à Ithaque, où la personne ne pointa jamais le bout de son nez. Je restais donc dans une cage de deux mètres sur deux, prisonnière d'un espace qui n'aurait même pas servi de niche à un chiot.
           Et ma douleur n’avait plus aucune limite.
           Mon maître ne reviendrait plus.

           Jamais.

   
côté canin

   Le maître idéal ▬ Le Maître, indéniablement. Pas le même, mais lui-même. Tristement, les morts ne peuvent revenir à la vie et il sera très difficile de reconquérir le coeur de Sixtine. Peut-être qu'un être totalement différent pourrait l'aider, ou à l'inverse une réplique exacte de son ancien propriétaire.. Doux, mais ferme, toujours juste, et surtout ne la prenant pas pour un chien de famille. Six a grandi et vécu en semi-liberté et être cloisonnée dans une maison, prisonnière de calins trop pesants la rendrait probablement folle.
   Propriété de ▬ /
   Aspirations ▬ Retrouver sa place dans un attelage, pour commencer. Et essayer de refaire sa vie, doucement mais sûrement...

   
derrière l'ordi je suis...

   Pseudo ▬ piwki
   Code ▬ 03.01.2016
   Quelque chose à dire ? ▬ bonne année !
   


Dernière édition par Sixtine le Dim 3 Jan - 23:57, édité 5 fois
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Khaleesi
MessageSujet: Re: sixtine - melting snow and hearts   Dim 3 Jan - 12:57

Bienvenue ici Piwki, et bon courage pour ta fiche. I love you
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Sixtine
MessageSujet: Re: sixtine - melting snow and hearts   Dim 3 Jan - 13:52

Merci ! ♥️
Et c'eeeest fini !
Encore désolé pour les fautes (et la longueur ?) de l'histoire mais elle est super vieille mais je l'adore comme elle est !
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MessageSujet: Re: sixtine - melting snow and hearts   Dim 3 Jan - 14:39

J'adore "ne jugez pas mon niveau rp comme ça, c'est une vieille histoire"... Euh oui ? Ben dit donc, celui d'aujourd'hui doit être proche de la romancière alors, parce que c'est superbe !

Du coup, tout est parfait ! Je valide avec grand plaisir et 10 jolis points de réputation en cadeau I love you
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MessageSujet: Re: sixtine - melting snow and hearts   Dim 3 Jan - 23:46

Tout est génial °A°
Le perso est trop mignon et l'histoire et la description sont tellement bien écrites TwT
Ca vend du rêve pour la suite :3


The reality is what does not disappear when we stop believing.

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Sixtine
MessageSujet: Re: sixtine - melting snow and hearts   Lun 4 Jan - 0:45

Wow vous me flattez ! Et merci pour cette validation ultra rapide ♥
Mais je crains avoir perdu mon niveau de RP avec les années, ne vous enthousiasmez pas trop... En tout cas vos compliments me vont droit au cœur !
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Cyrcam
MessageSujet: Re: sixtine - melting snow and hearts   Lun 4 Jan - 1:16

Ca reviens avec la pratique =P <3


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